sectionsocialiste-st-thegonnec

sectionsocialiste-st-thegonnec

Politique


Un plan pour sortir de l'impasse économique

Quatre-vingts économistes d'instituts d'études et de recherche publics et privés signent un appel à changer de politique pour lutter contre le chômage

 

 

 

 

  Il est possible de réenchanter l'avenir y compris en matière économique. Tel est le sens de cet appel. La gravité de la situation l'exige : nous tenons aujourd'hui à souligner ensemble en tant qu'économistes – par-delà nos sensibilités très diverses – que des alternatives crédibles existent pour sortir de l'impasse.

Le chômage, la précarité, la difficulté à boucler ses fins de mois, marquent la vie de millions de nos concitoyens. Aux souffrances de la vie matérielle s'ajoutent la perte d'espérance, le sentiment que l'avenir est bouché pour notre pays et nos enfants. Les élections régionales ont, après bien d'autres, sonné l'alarme. Les causes de la désespérance sociale ne sont pas qu'économiques, mais nul espoir ne renaîtra si la donne ne change pas en la matière.

Que faire ? Les partisans du libéralisme économique plaident pour réduire plus drastiquement encore la dépense publique, démanteler le droit du travail, remettre en cause la pourtant si indispensable réduction du temps de travail et diminuer le coût du travail par la compression des salaires et des prestations sociales. Cette thérapie de choc a été appliquée en Europe du Sud (Grèce, Portugal, Espagne…). Elle y a entraîné un effondrement de l'activité, une explosion du chômage et de la pauvreté. La dette publique elle-même s'est fortement accrue, la réduction du produit intérieur brut (PIB) entraînant spontanément une contraction des recettes et une hausse du rapport dette sur PIB. Les pays européens sont ainsi engagés dans une course mortifère à la compétitivité par l'austérité dont l'objectif se résume à prendre des parts de marché et des emplois aux pays voisins.

Il est temps d'abandonner cette politique qui conduit à l'enlisement sans fin dans la crise. Pour répondre à l'urgence économique et sociale, redonner espoir aux classes populaires, nous proposons à nos concitoyens, aux mouvements associatifs, syndicaux et politiques, d'ouvrir un débat sur la mise en œuvre d'un plan de sortie de crise autour de trois volets.

Un nouveau pacte productif à la fois écologique et social Les besoins ne manquent pas : investissements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (rénovation thermique des bâtiments, transports collectifs, énergies renouvelables…) ; construction de logements ; programmes urbains afin de mettre fin aux ghettos, de refaire mixité et égalité ; nouveau pacte social en faveur de l'éducation, de l'hôpital, de la culture, de la sécurité et de la justice ; aide aux personnes en perte d'autonomie et accueil de la petite enfance. Non délocalisables, ces activités permettraient de créer des centaines de milliers d'emplois. Autour d'elles, il est possible de retrouver le chemin d'un nouveau type de plein-emploi avec des emplois de qualité, sans discrimination selon le sexe ou l'origine.

La reconstruction sur de nouvelles bases de notre économie suppose de sortir de la logique du mépris généralisé. Des chômeurs soupçonnés d'être responsables de leur situation, alors que c'est l'organisation défaillante de l'économie qui est fautive. Des pauvres suspectés d'être un fardeau social, alors que la société ne leur alloue que de faibles ressources. Des fonctionnaires accusés de n'être pas productifs, alors qu'ils contribuent au PIB et que leur production, les services publics, permet de réduire massivement les inégalités. Des travailleurs du privé accusés d'être des nantis indûment protégés par le droit du travail, alors que les conditions de travail sont de plus en plus difficiles.

Cette reconstruction exige la mobilisation de l'ensemble de la société. Les services publics qui demandent à être pleinement réhabilités afin que les fonctionnaires assument mieux leurs missions d'intérêt général, de façon moins bureaucratique, en associant les usagers. L'économie sociale et solidaire, indispensable pour le développement de biens communs, pour que l'économie collaborative et du partage qui se développe ne soit pas synonyme d'" ubérisation ", de précarité aggravée. Les entreprises, où les collectifs de travail, avec des salariés d'autant plus impliqués qu'ils sont respectés et reconnus, doivent être reconstruits contre les logiques financières et spéculatives qui dominent aujourd'hui la plupart des grands groupes et écrasent les sous-traitants. Les cadres dirigeants, les chefs d'entreprise, souvent étranglés par les exigences des banques et des actionnaires, doivent se dissocier de la stratégie agressive du Medef pour s'inscrire pleinement dans la transition écologique et sociale.

Un programme de soutien à l'activité et à l'emploi Les enquêtes auprès des entreprises le montrent, ce sont avant tout les carnets de commandes dégarnis qui bloquent l'activité, l'emploi et l'investissement. Les besoins ne manquent pourtant pas, nous venons de le voir. Afin de les satisfaire nous proposons un programme de soutien de 40  milliards d'euros par an, financé pour une part par le redéploiement de sommes consacrées au pacte de responsabilité, dont l'échec en matière d'emploi et d'investissement est patent, pour une autre part, par un recours à l'endettement, à l'instar de ce que n'ont pas hésité à faire les Etats-Unis.

Les règles européennes ne permettent pas ces politiques de relance C'est le dernier volet : il est temps de remettre en cause ces règles néolibérales qui font que l'Union est devenue le grand malade de l'économie mondiale. L'excédent commercial de la zone euro s'élève à 3  % de son PIB, ce qui témoigne d'une demande interne clairement insuffisante. Cela justifie une hausse des salaires et des prestations sociales, en particulier de l'ordre de 10  % pour les bas revenus. Cette hausse devrait être plus importante dans les pays qui accumulent des excédents commerciaux excessifs (8  % du PIB en Allemagne, deux fois plus qu'en Chine). L'introduction de l'euro dans des économies hétérogènes et sans mécanismes correcteurs a conduit à des déséquilibres majeurs. L'euro est de facto sous-évalué pour l'Allemagne, surévalué pour les pays d'Europe du Sud dont la France. Les règles néolibérales actuelles demandent à ces derniers de regagner en compétitivité par la déflation interne (baisse des salaires et des dépenses publiques), ce qui alimente leur récession, et partant, limite leurs investissements et donc leurs possibilités de redressement.

C'est l'inverse qu'il convient à présent de promouvoir : la hausse des dépenses dans les pays excédentaires permettrait de réduire par le haut les déséquilibres commerciaux et de juguler les pressions déflationnistes que la Banque centrale européenne ne peut contrecarrer seule. Au-delà du plan Juncker, qui n'est quasiment pas financé, un véritable plan d'investissement européen, centré sur la transition écologique et déployé de façon plus ample dans les pays en difficulté, doit enfin voir le jour.

La France doit proposer cette réorientation à ses partenaires européens et notamment à l'Allemagne (laquelle vient déjà d'engager plus de 10  milliards d'euros afin d'accueillir les réfugiés). En cas de blocage, elle devra proposer aux pays qui le souhaitent (le Portugal, la Grèce mais aussi d'autres, dont l'Italie et l'Espagne, ces quatre pays représentant, avec la France, plus de 50  % du PIB de la zone euro) de s'inscrire dans un pacte de reconstruction faisant primer l'urgence économique et sociale sur les règles néolibérales.

Accompagnée de mesures visant à réorganiser drastiquement les banques, à rompre avec la finance libéralisée et le dumping fiscal et social, y compris au sein même de l'Union, cette stratégie est la seule à même de refaire l'Europe.

La France meurtrie a besoin d'un nouvel horizon. La sortie du sombre tunnel politique dans lequel elle est engagée ne passe pas uniquement par l'économie. Mais elle restera hors de portée si l'on s'acharne à poursuivre des politiques néolibérales qui creusent les inégalités, alimentent le désastre social. Il est temps de mettre en œuvre une politique économique alternative.

Collectif


12/02/2016
0 Poster un commentaire

Marie-Noëlle LIENEMANN – « Sarkozy ou l’archaïsme thatchérien comme modèle pour 2017 ! »

Stupéfiante interview de Nicolas Sarkozy dans Les Échos. Aucune stratégie économique ou de redressement industriel, le cœur de sa politique se résume en un message : passer par-dessus bord toutes les protections des salariés, laisser les chefs d’entreprise maîtres de tout au nom d’une prétendue compétitivité. L’ennemi, ce sont les syndicats.

La boîte de Pandore ouverte avec le rapport Combrexelle sert de point d’appui à Nicolas Sarkozy qui pousse sa logique à l’extrême

Il indique : « La négociation sociale doit désormais se dérouler d’abord dans les entreprises, plutôt qu’au niveau de la branche ou du confédéral. A l’exception de certains secteurs particuliers, comme l’artisanat, le commerce ou les cafés-restaurants pour ne citer que ces exemples. »

 

Enfin le mot « Négociation » est bien abusif puisque l’ancien président ose déclarer « quand un accord dans l’entreprise n’est pas possible entre les partenaires sociaux, ce sont les salariés de cette même entreprise qui doivent pouvoir trancher par référendum à la majorité simple. »

 

Cela peut paraître démocratique mais ça ne l’est absolument pas. Qui va définir la question, le corps électoral et surtout quel chantage pourra être mis dans la balance pour faire pression sur les salariés ? L’affaire du référendum à l’usine SMART est hélas très révélatrice. Les cadres qui n’ont pas nécessairement des conditions de travail les plus pénibles ont voté majoritairement pour la remise en cause des 35h tandis que les ouvriers, les employés, ceux qui sont en bas de l’échelle ont voté contre. La nature du corps électoral est là très déterminante.

 

D’ailleurs, s’agissant des référendums, Nicolas Sarkozy est plus prompt à le promouvoir dans les entreprises que dans le pays. Rappelons-nous la suppression de l’obligation de consulter le peuple par référendum lors d’un élargissement de l’Union Européenne. Sans même parler de la restauration par la ratification parlementaire du traité de Lisbonne qui reprend mot pour mot le projet de constitution européenne que les Français avaient très majoritairement rejeté. Enfin, en dépit des annonces sur l’introduction de référendums d’initiative populaire, tout a été fait pour qu’ils ne puissent avoir jamais lieu.

 

Mais on atteint des sommets lorsque que Nicolas Sarkozy ajoute : « Les résultats de ce vote ne devraient pas pouvoir être remis en cause par les tribunaux, à la condition qu’il respecte bien sûr les normes fondamentales. »

 

Supprimer le recours judiciaire est évidemment le fin du fin de la démocratie ! En d’autres termes, c’est une logique des plein pouvoirs des dominants.

 

Mais non seulement, il veut renvoyer au niveau de l’entreprise la définition des droits et bien des éléments du contrat de travail pour les salariés, c’est à dire une mise en concurrence avec les autres entreprises au sein même de notre pays. On en connaît les conséquences : ledumping social. C’est ce qui se passe au niveau européen et mondial et ce que nous combattons en demandant des normes sociales, environnementales et des harmonisations au sein de l’Union Européenne.

En fait, Nicolas Sarkozy sait bien tout cela et s’accommode de cette logique ultra libérale qui fragilise des pans entiers du salariat.

Plus de hiérarchie des normes, plus de recours judiciaire : le cap est clair, éliminer l’État de droit du champ économique et social. Tout le contraire de l’idéal républicain.

Comme Margaret Thatcher, Nicolas Sarkozy veut aussi casser l’influence des syndicats et de ce point de vue il est dans la droite filiation de ses discours, lors de la présidentielle de 2012 et ses diatribes contre les corps intermédiaires. Il promeut une société – ou une anti société – avec des individus isolés, flexibles – en fait malléables et vulnérables – en concurrence les uns face aux autres avec très peu de protections collectives.

 

Aussi Nicolas Sarkozy reprend une antienne bien connue en déclarant « il faut poser la question de la représentativité syndicale. Les délégués syndicaux doivent cesser d’être nommés par les syndicats, ils doivent pouvoir être élus par les salariés. Et dans ce cadre, il faut autoriser la liberté de candidature dès le premier tour, ce qui signifie la remise en cause du monopole de présentation des syndicats. »

 

Sauf que cette mesure est contraire aux recommandations du BIT qui considère essentiel pour le respect du droit syndical que le délégué soit choisi par le syndicat et ne puisse être déterminé sur d’autres critères. Il en va de leur indépendance face au pouvoir patronal et doit permettre aux délégués d’être soumis à des pressions. Les salariés ne sont pas obligés de voter pour le syndicat qui ne leur plaît pas.

 

Pendant des années la droite a essayé d’affaiblir le monde syndical en soutenant des syndicats « maison », plus ou moins soutenus par les directions d’entreprises, qui n’ont guère résisté quand des mesures défavorables aux employés étaient mises en œuvre. Mais il n’est pas de négociation sociale sans des syndicats porteurs de l’intérêt des salariés d’une entreprise mais aussi de l’intérêt général de tous les travailleurs dans le pays. Et c’est à cela que veut s’attaquer Nicolas Sarkozy.

La droite, qui passe son temps à prendre en exemple l’Allemagne, veut faire oublier que la force de la négociation sociale réside dans la force de syndicats nationaux.

Ensuite, Nicolas Sarkozy égrène la liste des reculs sociaux qu’il veut instaurer.

Une fragilisation majeure du contrat de travail

« Le licenciement économique doit être rendu possible, y compris pour réorganiser l’entreprise quand il est encore temps. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où il est autorisé uniquement quand elle va très mal »

Bref, au bon vouloir du chef d’entreprise qui semble paré de toutes les vertus quand le salarié lui est suspect de toutes les inconséquences. Et surtout, quand le patron estime ne plus avoir besoin de lui (quelle qu’en soit la raison), il doit partir…

Et de surcroît, le salarié ne pourra pas bénéficier de la protection de l’État de droit, puisqu’une fois de plus Nicolas Sarkozy enfonce le clou : « Sur ce point, j’ajouterai que ce n’est pas au juge de contrôler l’opportunité d’une réorganisation dans une entreprise. »

 

Enfin, Nicolas Sarkozy apporte son soutien à une mesure de la loi Rebsamen, retiré par le Conseil Constitutionnel pour des raisons de forme en rappelant son appui « au plafonnement des indemnités de licenciement, pour apporter plus de visibilité et de sécurité juridique. »

L’obsession de la remise en cause des 35 heures !

« Toute entreprise qui souhaitera s’exonérer des 35 heures devra pouvoir le faire. Je pose une condition : personne ne doit travailler plus et gagner moins. Les 36 heures devront être payées 36, les 37 heures 37, Chaque heure travaillée doit être rémunérée.

Pour encourager les entreprises à remonter la durée du travail, je propose de les inciter financièrement. Les heures au-delà de 35 heures leur coûteraient moins. Les allégements de cotisations sociales patronales seraient accrus jusqu’à 39 heures. En clair, on n’allège plus les charges pour travailler moins, on les allège pour travailler plus ! »

 

Ce n’est plus « travailler plus pour gagner plus » mais « travailler plus et ne pas gagner moins ». En réalité, ce n’est pas exact car, le déclenchement des heures supplémentaires ainsi abaissé, les salariés qui travaillent plus de 35h verront leur rémunération diminuer. C’est le but recherché avec cette mesure ! Car chacun le sait bien, une entreprise qui a besoin de voir ses salariés travailler plus de 35h peut le faire mais avec une bonification des heures supplémentaires.

Mais, comme si cela ne suffisait pas, nos impôts devront financer les entreprises pour accroître cette durée du travail. Sans d’ailleurs que les salariés en bénéficient le moins du monde, au contraire.

Franchement, alors que notre pays cherche à réduire les dépenses publiques subventionner les entreprises pour accroître le temps de travail, c’est totalement absurde et scandaleux.

Sans même parler des effets négatifs sur l’emploi et les recrutements !

Plutôt que de créer des emplois, réduire l’indemnisation du chômage : Suspendre le paritarisme

 

A aucun moment, l’ancien président n’indique la façon dont il compte réduire le chômage, soutenir l’activité, promouvoir la modernisation du pays, en revanche il s’en prend une fois de plus aux chômeurs.

« Ce système n’est pas suffisamment incitatif au retour à l’emploi, avec un nombre de chômeurs de longue durée qui n’a jamais été aussi élevé en France. Je propose de suspendre pour l’UNEDIC les règles du paritarisme. Le temps de revenir à l’équilibre des comptes, le régime doit être temporairement géré par l’État, qui doit prendre d’urgence les décisions fortes qui s’imposent. Les précédentes négociations entre les partenaires sociaux n’ont abouti à rien de substantiel. C’est tout notre régime qui est aujourd’hui menacé. Je pense ensuite qu’il faut revenir à la dégressivité des allocations chômage à partir de 12 mois, comme l’ont fait de nombreux pays, afin d’encourager le retour à l’emploi. Tout doit être fait pour inciter à la reprise d’un travail. »

 

Dans la même veine de ce qui est déclaré plus haut sur les syndicats, Nicolas Sarkozy compte purement et simplement s’asseoir sur le paritarisme, un des piliers historiques de la protection sociale, en tout cas depuis la Libération, avec l’intention à peine voilée d’imposer les thèses du Medef et de réduire les garanties des salariés. On remarquera à nouveau ce mépris du leader du parti « Les Républicains » pour les chômeurs. Cette thèse des chômeurs qui ne seraient pas incités à retrouver un emploi à cause d’allocations trop généreuses, alors même que le nombre de chômeurs non indemnisés explose, est infondée et l’on sait bien que cela ne fait en rien reculer le chiffre des demandeurs d’emplois. La vrai raison du chômage est ailleurs : l’insuffisante création d’emploi. Mais cette culpabilisation et cette mise en cause des individus plutôt que celle du système et des choix économiques a une finalité évidente : diviser les Français pour leur imposer des reculs sociaux…

 


02/10/2015
0 Poster un commentaire

"Faire de la politique"

Depuis de nombreux mois, j’entends de plus en plus : « moi, je ne fais pas de politique ». Y compris dans la bouche d’élus locaux, qui se persuadent en se donnant bonne conscience de ne pas faire partie de ce gang des pestiférés, coupable de tous les maux.

 

C’est quelque peu facile, pour ne pas dire un tantinet lâche de se désolidariser d’un statut qui est tant jeté en pâture aujourd’hui. Agir ainsi contribue d’ailleurs pleinement à cette haine féroce. Comme si « ne pas faire de politique » donnait immédiatement un blanc-seing et un passeport de respectabilité au-dessus de tout soupçon.

 

Consciemment, c’est surtout une défausse sémantique simpliste, car au sens étymologique du terme, participer à une action politique revient à participer à l’organisation de la société. Rien d’infamant donc.  Ne pas être politicien, ça c’est autre chose.

 

Tant que notre société fonctionnera ainsi, il faudra toujours des femmes et des hommes qui s’engagent. Un jour, peut-être, nous changerons de cadre, mais pour le moment dans une société si fragilisée, tenir le comportement décrit ci-dessus ne sert qu’à inutilement souffler sur les braises. Même s’il serait mensonger de nier que parfois, l’appartenance à une organisation politique peut participer à une absence de liberté ou comme le dessinait Cabu : « un homme de parti est une partie d’hommes ».

 

Pour autant, le meilleur changement de cadre possible me semble devoir s’incarner par le renouvellement, le rajeunissement et donc le renouveau dans les pratiques ; plus particulièrement au niveau local, afin de renouer cette confiance entre citoyens et élus. Les citoyens doivent savoir qu’ils peuvent devenir élus, et les élus ne pas oublier qu’ils sont des citoyens. Cette déhiérarchisation doit être la donne pour ne pas que les élus ne touchent plus terre mais pour que précisément ils soient des élus citoyens, car des citoyens élus.

 

Le minimum pour un-e- élu-e- doit être de se battre pour ses dossier, alors que certain-e-s d’entre eux ne donnent leur maximum que pour être ré-élu-e-s.. C’est aussi ce qui contribue au légitime ras le bol civique de nombre de citoyens. Alors, que quand on se bat pour son dossier, tout simplement : … il avance et l’on obtient des résultats, et c’est donc là que l’on « fait de la politique », vu que l’on contribue à l’organisation de la société. Il y a ceux qui siègent et il y a ceux qui se lèvent.. « Choisis ton camp camarade », comme aurait aimé Robert De Jouvenel qui nous disait : « Un sénateur, c’est un député qui s’obstine ».

 

La haine du politique permet aussi à certains fossoyeurs d’occuper les têtes de gondoles, comme Eric Zemmour, sorte de caution intellectuelle de la bêtise contemporaine haineuse et hideuse, basée sur le rejet de la différence et donc le culte du soi, du lecteur, meilleur que les autres et bien sur irréprochable.. On lit Zemmour comme l’on va à Confesse, se débarrassant de ses propres démons, à la différence qu’avec ce « penseur de la haine », on  pense que seuls les autres sont les fautifs, c’est se mentir à soi-même mais tellement flatteur.

 

En 2015, j’assume, je ferai de la politique, mais uniquement celle que j’aime, celle qui fait grandir, celle qui émancipe et surtout celle qui est concrète et au service quotidien de celles et ceux à qui l’on demande des suffrages. C’est un juste retour des choses, une leçon d’humilité permanente et surtout un devoir absolu qui permet d’apporter son modeste caillou à l’édifice.

 

Jean Marc Tanguy

Délégué de la première circonscription du PS Finistère


08/01/2015
1 Poster un commentaire

Le refus de l’austérité : point d’accord majeur entre socialistes

Nous constatons aujourd’hui que, par leur prise de position, plusieurs ministres et non des moindres ont affirmé désormais des positions identiques aux 4000 signataires du Manifeste des Socialistes contre l’Austérité.

Des socialistes de plus en plus nombreux partagent donc l’idée que la question de l’austérité constitue bien un élément de rupture avec les valeurs socialistes.

L’austérité ne constitue ni une solution, ni une valeur pour la Gauche et encore moins pour les socialistes. Elle accroit les injustices et ne peut constituer une réponse face au chômage. L’austérité s’oppose à la nécessaire relance de l’économie, notamment par les investissements publics.

Aujourd’hui ces socialistes attendent un changement de politique. Cela passe – et c’est regrettable – par un rapport de force, puisque l’énergie de conviction n’y suffit pas. Ce rapport de force se situe d’abord au Parlement. Nous, socialistes, nous devons désormais et plus que jamais, accompagner les parlementaires pour qu’ils parviennent à porter ce rapport de force.

Accompagner et peser sur les parlementaires pour qu’ils portent haut et fort ce refus de l’austérité et soient en capacité d’obtenir une ré-orientation politique, quelles que soient les menaces qui pourront être brandies, notamment celle de la dissolution. La responsabilité et la loyauté aux valeurs socialistes c’est aussi ne pas se maintenir dans des silences coupables.

Cette exigence et cette solidarité seront ré-affirmées aux parlementaires socialistes, à l’occasion des Universités d’Été de la Rochelle, puis dans chaque circonscription par les militants socialistes engagés dans le refus de l’austérité.

Contrairement à ce qu’à sous-entendu il y a quelque temps M Valls, le Parti Socialiste n’est pas mort et ses militants défendrons toujours les mêmes fondamentaux.


27/08/2014
2 Poster un commentaire

Le Grand Traité Atlantique

Non au TAFTA.jpg

Le grand traité transatlantique, dit TAFTA (« Transatlantic Free Trade Area »), tel qu'il est annoncé, n'est ni acceptable ni amendable. Il n'apportera au mieux qu'un très faible et très aléatoire accroissement des productions nationales, tandis qu'il entraînera une baisse des normes et des protections sociales et environnementales, qu'il ne protègera pas entièrement la culture et l'audio-visuel, et qu'il permettra une mise en cause des législations nationales par des tribunaux internationaux.

Ce traité ne défend que les intérêts des multinationales et fait du commerce le seul régulateur social et sociétal. Il accroîtra le pouvoir des puissances économiques sur les Etats.
L'opacité du processus de négociation et l'incertitude sur la réalité d'un contrôle démocratique contribueront à affaiblir l'adhésion des Européens à la démocratie. (...

 

 

E.Maurel.jpg

 

Intervention d'Emmanuel Maurel au Parlement Européen au sujet du TAFTA

"De nombreux élus et des millions de concitoyens ont des doutes sur l'opportunité de l'accord transatlantique, sur le fait que le libre échange généralisé favorise fortement la croissance et l'emploi. (...) Vous nous promettez des lendemains qui chantent pour 2027, mais les gains et les avancées que vous nous proposez paraissent très hypothétiques. En revanche, les risques semblent très importants!"


31/07/2014
2 Poster un commentaire


Ces blogs de Politique & Société pourraient vous intéresser