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"Faire de la politique"

Depuis de nombreux mois, j’entends de plus en plus : « moi, je ne fais pas de politique ». Y compris dans la bouche d’élus locaux, qui se persuadent en se donnant bonne conscience de ne pas faire partie de ce gang des pestiférés, coupable de tous les maux.

 

C’est quelque peu facile, pour ne pas dire un tantinet lâche de se désolidariser d’un statut qui est tant jeté en pâture aujourd’hui. Agir ainsi contribue d’ailleurs pleinement à cette haine féroce. Comme si « ne pas faire de politique » donnait immédiatement un blanc-seing et un passeport de respectabilité au-dessus de tout soupçon.

 

Consciemment, c’est surtout une défausse sémantique simpliste, car au sens étymologique du terme, participer à une action politique revient à participer à l’organisation de la société. Rien d’infamant donc.  Ne pas être politicien, ça c’est autre chose.

 

Tant que notre société fonctionnera ainsi, il faudra toujours des femmes et des hommes qui s’engagent. Un jour, peut-être, nous changerons de cadre, mais pour le moment dans une société si fragilisée, tenir le comportement décrit ci-dessus ne sert qu’à inutilement souffler sur les braises. Même s’il serait mensonger de nier que parfois, l’appartenance à une organisation politique peut participer à une absence de liberté ou comme le dessinait Cabu : « un homme de parti est une partie d’hommes ».

 

Pour autant, le meilleur changement de cadre possible me semble devoir s’incarner par le renouvellement, le rajeunissement et donc le renouveau dans les pratiques ; plus particulièrement au niveau local, afin de renouer cette confiance entre citoyens et élus. Les citoyens doivent savoir qu’ils peuvent devenir élus, et les élus ne pas oublier qu’ils sont des citoyens. Cette déhiérarchisation doit être la donne pour ne pas que les élus ne touchent plus terre mais pour que précisément ils soient des élus citoyens, car des citoyens élus.

 

Le minimum pour un-e- élu-e- doit être de se battre pour ses dossier, alors que certain-e-s d’entre eux ne donnent leur maximum que pour être ré-élu-e-s.. C’est aussi ce qui contribue au légitime ras le bol civique de nombre de citoyens. Alors, que quand on se bat pour son dossier, tout simplement : … il avance et l’on obtient des résultats, et c’est donc là que l’on « fait de la politique », vu que l’on contribue à l’organisation de la société. Il y a ceux qui siègent et il y a ceux qui se lèvent.. « Choisis ton camp camarade », comme aurait aimé Robert De Jouvenel qui nous disait : « Un sénateur, c’est un député qui s’obstine ».

 

La haine du politique permet aussi à certains fossoyeurs d’occuper les têtes de gondoles, comme Eric Zemmour, sorte de caution intellectuelle de la bêtise contemporaine haineuse et hideuse, basée sur le rejet de la différence et donc le culte du soi, du lecteur, meilleur que les autres et bien sur irréprochable.. On lit Zemmour comme l’on va à Confesse, se débarrassant de ses propres démons, à la différence qu’avec ce « penseur de la haine », on  pense que seuls les autres sont les fautifs, c’est se mentir à soi-même mais tellement flatteur.

 

En 2015, j’assume, je ferai de la politique, mais uniquement celle que j’aime, celle qui fait grandir, celle qui émancipe et surtout celle qui est concrète et au service quotidien de celles et ceux à qui l’on demande des suffrages. C’est un juste retour des choses, une leçon d’humilité permanente et surtout un devoir absolu qui permet d’apporter son modeste caillou à l’édifice.

 

Jean Marc Tanguy

Délégué de la première circonscription du PS Finistère



08/01/2015
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