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Droit d'asile

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Après la publication de l'insoutenable photo d'Aylan Kurdi, 3 ans, retrouvé sans vie sur une plage en Turquie, la prise de conscience collective sur la crise des réfugiés est manifeste dans l'opinion publique et par les responsables politiques européens de tous bords. Triste symbole de l’urgence humanitaire et de l’inertie de nos institutions européennes dans le conflit au Proche-Orient ou en Libye depuis les années 2000, ce cliché doit faire changer le cours de l'Histoire à la fois sur la crise des réfugiés mais aussi sur la stabilisation politique dans cette région du monde. Ce sont ces deux défis qui s'imposent à nous aujourd'hui car ce sont des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui fuient la mort. 


Depuis cet été, force est de constater que cette crise des réfugiés aura mis en lumière la fragilité du modèle européen et son manque de solidarité où chaque Etat membre joue sa propre partition en matière d'accueil : tantôt utilitariste comme l'Allemagne, qui se réjouit d'accueillir une main d'œuvre bon marché pour asseoir sa compétitivité économique, tantôt de racisme et de repli sur soi comme la Hongrie qui dresse des murs de barbelés pour empêcher d'entrer en Europe les personnes, fuyant la guerre et ses persécutions.  

L'Europe s'est montrée ainsi divisée, incapable de parler d'une seule voix devant cette crise humaine.  Heureusement, s'organisent, partout en Europe et en France, des initiatives associatives, de particuliers, ou encore de collectivités locales comme à Morlaix Communauté par exemple, qui a mis en place un service de coordination et d'accompagnement des communes souhaitant accueillir des réfugiés. De nombreuses communes de la circonscription ont déjà mis à disposition des logements en cas de nécessité. C'est cet élan de solidarité qui doit prévaloir dans notre Europe et non à l'approche de fermeture qui prévaut depuis trop longtemps. Il n'est pas question de mettre en concurrence ceux qui arrivent et ceux qui en France connaissent des difficultés qui appellent à l'aide.

La France est un grand pays. Une grande nation qui peut accueillir 30.000 syriens sans peine, soit moins d'un par commune. Elle a su par le passé, faire face aux flux de migrants et s'appuyer sur eux pour redonner du souffle à son économie, à son vivre ensemble : les réfugiés de la guerre en ex-Yougoslavie (3 millions de personnes en Europe), les boat people d'Asie du Sud Est (130.000 en France), les rapatriés de la guerre d'Algérie (500.000 en France). 

Le projet de loi du droit d'asile que nous avons voté le 15 juillet dernier, qui vise à simplifier le droit au séjour des étrangers en France et à réformer en profondeur le droit de l’asile notamment en réduisant les délais, constitue une première réponse. Mais elle ne trouvera sa cohérence que si l'Union européenne dans son ensemble adopte une politique migratoire commune. C'est le sens du traité d'Amsterdam signé en 1997 qui a fait de l'asile une compétence européenne et qu'il faut aujourd'hui mettre en œuvre ensemble. Sinon, à quoi sert-il de continuer ensemble au sein de l'Union Européenne ?

 

Gwenegan Bui  Député de la 4° circonscription



11/10/2015
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