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L'UMP en crise, Hollande et la fronde au PS : un boulevard pour le FN en 2015

L'UMP est en pleine crise existentielle. Elle pourrait repartir avec un président qui tiendrait sa légitimité des militants et non des barons, alors qu’en face au PS, c'est l'inverse. En 2014, Harlem Désir tient sa légitimité des barons et non pas des militants.

À l’autre bout de ce nouveau échiquier d'un genre particulier, on retrouve le Front national, que sa présidente débarrasse peu à peu des scories du vieux sachem pour mieux représenter le courant "éternel" de cette France qui se veut éternelle, justement.

 C’est un processus souterrain qui amalgame, malaxe, pétrit depuis des années les mêmes courants sinon de pensées (il y a peu de penseurs), surtout de frustrations. Cela va du pétainisme au poujadisme, du doriotisme au Cid Unatisme, en attendant d’englober des "trotskos" égarés et les quelques bonnets rouges dérivant vers un identitaire régressif.

 Surfant sur une vague populiste bien alimentée par un discours basé sur le "tous pourris" et "c’est la faute à l’Europe", le fonds de commerce FN ne craint pas la crise, il s’en repaît.

 Sarkozy en galère, baston interne à gauche

Revenons aux deux partis dits de "gouvernement". D’un côté comme de l’autre, le vent est à la recomposition. Exaltation à son comble pour l’UMP, coincée dans deux délires : celui du sarkozisme démesuré et un délire crimino-financier de taille impressionnante.

 Les militants se sentent désabusés, floués, ils ne croient plus qu’à une chose : le retour de l’être suprême, dont la logorrhée de martyr conforte leur viscérale paranoïa.

 Gageons que, contraints et forcés, les barons devront se recentrer autour du chef retrouvé, du moins en apparence. Ou alors avec la volonté d’être assez nombreux pour étouffer ses velléités de retour... Sauf si d'ici là, les affaires des uns font effectivement le bonheur des autres.

 Si à l’UMP ils ont un recours, ce n’est pas le cas du Parti socialiste. Les députés frondeurs et la base militante se reconnaissent de moins en moins dans leur parti, et dans ses exécutants actuellement aux affaires (un terme qui ne prend pas le même sens que précédemment).

 Combien de temps va durer cette lutte intestine ? On peut légitimement se poser la question. En tout état de cause, cette fronde devrait se nourrir d’elle-même, et devant les capacités de résistance face au gouvernement qu’elle acquiert au fil des séances de l’Assemblée, voir le Marais se dire que la voie du salut réside peut-être là.

 Maintenant, chaque amendement des frondeurs est devenu une véritable mazarinade à destination de Manuel Valls et indirectement de François Hollande. Du Premier ministre au président de groupe, en passant par le secrétaire d’État aux relations avec le parlement, on commence à perdre ses nerfs. Dans certaines fédérations, des "majos" ("majoritaires", ndlr) peu enclins au dialogue en viennent à agresser physiquement les soutiens des frondeurs.

 Vers la fin du PS mou ? 

 Statutairement le Parti socialiste se dirige vers un congrès qui s’annonce déjà mouvementé, pas vraiment façon Reims, mais plutôt du style danse sur un volcan.

 La recomposition à gauche est à l’affiche. C’est là l’évolution naturelle d’un mouvement de fronde qui refuse l’orientation libéro-patronale qui est en train de s’affirmer au niveau du gouvernement.

 Le dialogue avec les autres forces de gauche est renoué depuis un long moment déjà, certes pas de façon officielle, mais rien n’empêche les militants de se parler, certains responsables également. Les entreprises de rencontre se multiplient, des structures plus ou moins formelles existent, les barrières tombent. Certains organisent même ça-et-là des arbres à palabre particulièrement animés et constructifs.

 Au-delà des socialistes, on a compris que pour continuer d'exister avec un minimum d’efficacité, on ne pouvait plus rester seuls. Le vieux mythe de l’union refait surface, c’est nécessaire pour ne plus piétiner, pour ne plus voir non plus, certains militants partir vers d’autres cieux totalement inavouables quant à eux.

 C’est également nécessaire pour que les forces de l’écologie politique s’agrègent à ce mouvement alors qu’elles se sont isolées depuis leur épisode de désamour d’avec le gouvernent. Ce qui pourrait effectivement se passer, c’est donc une recomposition totale de la majorité avec mise en minorité de l'actuel courant majoritaire du PS.

 Ceci est tout sauf de la politique fiction. Agiter le spectre de la dissolution serait non seulement déraisonnable mais totalement irresponsable pour ceux qui souhaiteraient encore voir un avenir politique à François Hollande au delà de 2017. Les "majos" du PS sont contraints maintenant de jouer en contre, mais leur tâche sera de plus en plus difficile surtout qu'on commence à réclamer des primaires sur l’air des lampions… Fini la candidature automatique du sortant.

 Et pendant ce temps-là, Marine

 Cette année qui se prépare, celle qui démarrera dès la fin août verra de toute évidence une repolarisation de la vie politique. Vraisemblablement selon trois axes. 

 D’abord parce que le Front national va nécessairement se renforcer au contact de transfuges de l'UMP totalement désabusés, tout comme de l'extrême-gauche ou des identitaires régionalistes anti-européens.

Ensuite parce que la gauche est en voie de réunification, opération à maturation plus ou moins lente mais qui avance peu à peu. Et puis parce l'UMP va retomber dans les mains de Sarkozy, même si le triumvirat reste vigilant et l'UDI reste en embuscade au loin.

 Le vieux fond MRP n’est pas mort, Bayrou et ses amis (les ex comme les actuels) bougent encore mais n’ont aucune chance de survie. Seuls dans un tel contexte, ils resteront dans le buisson en attendant un éventuel échec de Nicolas Sarkozy.

 Année faste, année où tous les dossiers en panne vont devoir de gré ou de force ressortir, à commencer par l’hyper-dangereuse réforme territoriale et ses élections du bout de l’an, élections qui actuellement ne reposent que sur du vide.

 Année faste avec une élection à la présidence de l’UMP qui s’annonce comme un grand moment démocratique et en filigrane la question des présidentiables et des primaires qui vont avec, théorie du retour ou bien du renouveau ? Et pour finir un parti socialiste agité des soubresauts d’une révolte interne. Il y a une caldera rue de Solférino, y aura-t-il explosion, nuée ardente, nuage de cendres ? 

 Autant d'interrogations qui n'en cachent qu'une seule : et Marine Le Pen, dans tout ça ? 

Roland Greuzat

 



09/07/2014
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