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Le Front National à l'épreuve des élections départementales: danger ou intox ?

Dans un sondage Ifop pour "Le Figaro", le Front national se place en tête du premier tour des élections départementales, avec 30% des intentions de vote. Mais quelle valeur accorder à ce chiffre ?

Rien ne semble venir enrayer l’ascension de Marine Le Pen et du Front national dans les sondages.

 

Toutefois il ne faudrait pas se laisser aller à penser que 30% aux départementales ait la même signification que le même chiffre au premier tour de l’élection présidentielle. C’est bien évidemment le second chiffre qui reste le plus marquant, le plus inquiétant.

 

Le FN est sûr de pouvoir renverser des montagnes

 

En ce qui concerne les élections départementales, nouvelle manière d’élire les conseils généraux, pardon, départementaux, (il est toujours difficile de se libérer de ses vieilles habitudes), le vote Front national jouera certes, mais avec moins de conséquences, directes.

 

Avec 7.648 candidats déclarés, des cantons urbains au dernier des cantons ruraux, la formation lepéniste affiche une santé impressionnante, digne du statut de premier parti de France qu’elle revendique.

 

L’attente est grande du côté du FN : les militants sont persuadés qu’ils vont pouvoir renverser des montagnes, faire tomber les têtes de ces barons locaux honnis. Il y a peu de chances quand même pour que cela arrive.

 

Certes, le Front national fera élire un nombre non négligeable de candidats, sans compter que, comme à son habitude, il pourrira la vie de certains candidats "UMPS" au second tour.

 

Comme d’habitude cela provoquera des crises de conscience ou simplement d’urticaire, chez les responsables politiques départementaux, à propos de la question des reports, du front républicain, du "ni-ni" ou de l'abstention. Enfin, sur tous ces cas de conscience il se démontrera que, la conscience républicaine en politique est une donnée à géométrie variable.

 

Les conseillers FN joueront les arbitres

 

Les conseillers départementaux FN tout fraîchement élus vont jouer un rôle non négligeable : il vont avoir le statut d’arbitre des seconds tours, mais surtout des troisièmes. Ils seront en position de venir jouer les artisans du basculement ou non de bon nombre de Conseils départementaux.

 

Ces élections départementales ont toujours montré une certaine forme de stabilité électorale. Le conseiller général du coin est connu, il est impliqué dans la vie quotidienne des citoyens, des communes, des quartiers, au point que le challenger doit être particulièrement solide pour le déboulonner et le contexte national assez négatif pour lui être vraiment néfaste.

 

On peut donc considérer que n’eut été la présence des candidats frontistes, nous aurions eu des surprises, des basculements d’une majorité à une autre, mais bien moins que ce à quoi on pourrait s’attendre dans notre contexte national. Et ce, même si le redécoupage et la présentation par paire auraient pu nuancer quelque peu le tableau.

 

Une course aux "faiseurs de rois"

 

Manifestement, toute honte bue, il va y avoir une course au conseiller frontiste lors de l’élection des présidents de nos assemblées départementales.

 

Les tractations sont allées bon train, les compromissions aussi. Conserver un département vaut bien une messe basse, la conquête se payant elle en grand-messes vêpres et complies en totalité.

 

Il y a peu de chances que le PS se laisse aller à de telles pratiques pour conserver un département (pour en conquérir un on peut oublier cette fois-ci), mais l’UMP se trouvera face à son traditionnel dilemme, quand il lui faudra constituer un majorité qui lui échappe d’un ou deux sièges, pour faire basculer un département précédemment à gauche.

 

Le conseiller départemental frontiste va dès lors atteindre une cotation qui va faire exploser tous les indices boursiers du moment.

 

Au-delà, donc, de ces 30% de voix au premier tour, on voit toute l’importance que va revêtir l’élection des conseillers départementaux FN qui seront tout autant de "faiseurs de rois".

 

Une terrain traditionnellement favorable au FN

 

La question reste maintenant de savoir comment Marine Le Pen et le Front national vont remplir l’espace temps qui sépare ces élections départementales de l’élection présidentielle.

 

Pendant que le Parti socialiste sera occupé à un congrès meurtrier dont on ne sait dans quel état il ressortira, pendant que l’UMP continuera à s’entre-déchirer, à se restructurer, à se dépêtrer de ses affaires récurrentes, le Front national pourra rester serein, en dépit des anicroches prévisibles dues à l’inexpérience de certains de ses élus.

 

Le temps et les autres formations de notre paysage politique hexagonal travailleront sinon à sa gloire, du moins à son renforcement dans l’opinion. Et ceci d’autant plus qu’avec les élections régionales, le FN va se retrouver sur un terrain qui lui est plus traditionnellement favorable.

 

Sans évoquer les calamités agricoles généralement indicatrices d’évolution politiques, de jacqueries, voire de révoltes à caractère poujadiste, tous événements favorables à un renforcement du vote FN au sein de notre ruralité, le fait est là, le Front va continuer à progresser.

 

Aucun doute sur le résultat du premier tour de la présidentielle

 

Lorsque le moment sera venu, outre le fait qu’il n’y a aucun doute à avoir sur le résultat du premier tour autre que le nom du second, on peut imaginer ce que sera "l’après".

 

On n’a pas le droit de récuser la possibilité pour Marine Le Pen de l’emporter. Certains, aujourd’hui même, ont déjà scellé des enveloppes avec le nom du vainqueur à l’intérieur.

 

On serait surpris si on les ouvrait maintenant, de quoi partir en courant tant la peur donne des ailes : un nombre non négligeable de personnes mêmes parmi les plus sensées avec lesquelles on s’entretient régulièrement fait cette funeste projection… de là à ce que cela prenne la force de la certitude, il n’y a qu’un pas.

 

Ce scénario, qui n’est pas si fictionnel que cela, laisse à penser que, bien entendu, il n’y aurait pas de majorité parlementaire pour Marine Le Pen.

 

On sait les français assez amateurs de cohabitation pour penser que cela ne les gênerait pas puisqu’on aurait "celle qui pose les vraies questions" d’un côté et ceux qui pourraient débattre des bonnes réponses de l’autre.

 

Cela ne tiendrait pas jusqu’à la première motion de censure, mais l’électrochoc serait de taille.

 

Mais avons nous besoin d’un tel électrochoc ? Franchement il vaudrait quand même mieux éviter, ne serait-ce pour que notre pays ne prenne pas des années d’un retard irrattrapable face à nos partenaires

 

Roland Greuzat

Militant socialiste



25/02/2015
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