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Réformer n'est pas céder au MEDEF

Dans une interview donnée au journal « Les Echos », Manuel Valls détaille une série de mesures pour « sortir la France de ses blocages ».

Parmi celles-ci, le Premier Ministre réaffirme l’engagement en faveur d’une baisse du coût du travail non conditionnée, ouvre la voie à une suspension des seuils sociaux et reporte la mise en application complète du compte pénibilité. Il exprime également sans détour le choix assumé et exclusif d’une politique de l’offre naïve mise au service de la compétitivité des entreprises.

En plusieurs points, ces nouvelles déclarations interrogent.

Alors que nombre d’entre nous avons déjà dénoncé le caractère déséquilibré des réformes des retraites et de la loi de sécurisation de l’emploi, les quelques avancées obtenues se voient aujourd’hui remises en question ou reportées. Une fois encore, le gouvernement cède face au chantage du MEDEF. Les entreprises vont bénéficier d’un allègement d’impôts et de cotisations sociales sans précédent. Dans ce contexte, les reports en matière de droits sociaux des salariés sont incompréhensibles et insupportables pour nombre de citoyens qui attendent du gouvernement qu’il réponde en priorité à l’urgence sociale et à la précarité professionnelle.

Le gouvernement demande aux salariés et aux ménages de se serrer la ceinture. Chaque euro dépensé par l’Etat doit donc servir efficacement la relance de l’activité. Les aides qui leur sont octroyées doivent non seulement être ciblées vers celles qui en ont réellement besoin mais elles doivent également être conditionnées par des critères d’emploi et d’investissement.

Manuel Valls a déclaré « mon obsession, c’est la réforme ». Mais pour être efficace et positive, la volonté de réforme affichée par le Premier Ministre doit s’accompagner d’une exigence de progrès et de justice sociale.

Au lendemain d’un vote sur le PLFR 2014 qui ne s’est pas fait sans critique et interrogation au sein même de la majorité parlementaire, ces nouvelles annonces sonnent comme un pied-de-nez aux exigences portées par les parlementaires « frondeurs ». Loin de l’immobilisme ou du purisme qu’on tente de leur prêter, ces socialistes sont dans le respect de leur mandat. Ils appellent à ce que l’argent public soit plus justement et efficacement utilisé.

En l’état, le PLFRSS tel qu’il nous est présenté est loin de répondre à cet équilibre .

 



30/07/2014
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